Histoire de l’évaluation dans le secteur de l’aide à domicile

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Pourquoi proposer une démarche d’évaluation aux professionnels de l’aide à domicile déjà rompus pour la plupart d’entre eux à ce genre d’exercice !

Cette préoccupation n’est pas nouvelle, elle avait donné lieu en 1997 à la réalisation d’un guide d’évaluation sur l’initiative de l’UNASSAD, soucieuse de proposer un outil de travail, une référence commune.

Cette nécessité d’évaluer les besoins a fait l’objet depuis une vingtaine d’année de réflexions, d’outils et de démarches, visant à décrire la situation de chaque personne dans ses dimensions médicales, sociales, environnementales afin de déterminer le niveau d’intervention professionnelle nécessaire à la compensation des incapacités dans le respect de leur autonomie.

Cette évaluation était effectuée durant ces années par les professionnels en charge de la situation de la personne concernée, conduisant à la mise en place de services ou prestations adaptés.

La mise en place de la PED (Prestation Expérimentale Dépendance) a conduit les institutions et professionnels à se pencher sur les outils et méthodes à l’appui de la démarche d’évaluation, dans l’objectif de rationaliser les réponses à apporter.

Puis la PSD (Prestation Spécifique Dépendance) a considérablement bousculé, dans ses effets, les pratiques de l’évaluation. Les départements ont mis en place des équipes médico-sociales chargées d’évaluer les situations des personnes ayant formulé une demande de PSD et d’élaborer un plan d’aide.

Pendant le même temps, la CNAV, tirant les conséquences de la PSD destinée à couvrir les besoins des personnes les plus dépendantes, réformait sa politique d’action sociale, en la réservant aux personnes non éligibles à la PSD et appartenant aux GIR(Groupe Iso Ressource) non couverts par la PSD.

Enfin, dans le cadre de la démarche Qualité, initiée par la CNAV, cette dernière impose désormais aux services prestataires un outil d’évaluation à l’appui de la demande d’intervention au financement d’heures d’aide ménagère.

La mise en place de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie en janvier 2002 et l’utilisation de la grille Aggir a également relancé la question de l’évaluation et des outils employés pour ce faire. AGGIR est un guide d’évaluation, une grille d’appréciation permettant d’observer certains aspects de la personne évaluée, mais elle est aussi un indicateur qui résume des situations complexes par des scores et dont on peut contester la capacité à traduire toute la réalité. On lui demande donc d’être à la fois un outil d’expertise, un outil de tri des populations et un outil d’éligibilité à des dispositifs. Les objectifs poursuivis étaient donc à clarifier, ce que le Conseil Scientifique de l’Evaluation, prévu par la loi du 20 juillet 2001 relative à la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées, s’est employé à faire en publiant 7 recommandations qui replacent AGGIR dans ses fonctions.


Mise en ligne : octobre 2005
Dernière modification : octobre 2005