Domicile, handicaps, types d’habitats, normes, labels

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Lors du colloque intitulé « Du domicile... à l’habitat » organisé par UNA en novembre 2004, Jean-Baptiste Delcourt, chargé de communication, retournait la formule de Martin Heideger « Le langage est la maison de l’être » en « la maison est le langage de l’être ». Les actes de ce colloque sont disponibles sur le site UNA.

Sans toit, qui sommes-nous ?

Jean-Yves Dartiguenave, LARES (Laboratoire de recherche en science sociale) souligne nénamoins qu’ « il y a une différence entre loger et habiter ». Loger, c’est être situé, socialement. Habiter, c’est faire de ce logement son «  chez-soi  », une partie de soi. Le domicile est alors l’appropriation de son propre Habitat. Il identifie, il différencie des autres... Aussi comme l’affirme Manoli Davila, chargée de mission logement : « le droit de chacun à un logement décent ne peut suffire, si l’on se désintéresse de la capacité de l’individu à l’habiter ».

Ainsi comment habiter chez soi, non pas quand on est jeune ou vieux, mais quand on est en situation de handicap ? La loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, du 11 février 2005 va imposer à tous les logements, publics et privés, de devenir accessibles à tous dans un délai de 10 ans. D’autres initiatives arrivent comme le « Label Habitat Senior » qui , au-delà de l’accessibilité, analyse l’offre de services de proximité indispensables pour habiter son logement.

Existe-t-il un habitat idéal ? Chaque individu se construit avec son habitat et inversement l’habitat se construit des envies, des désirs, des besoins des individus. Selon les théories d’analyse des besoins (pyramide de Maslow, les « besoins » de Virgina Anderson), il ressort que chaque individu est unique, chacun classe ses valeurs, ses besoins, ses envies de façon particulière... Chaque habitat, chaque domicile est donc unique.

L’habitat peut devenir hostile, insécurisant... On y est chez-soi mais sans relations voulues avec d’autres... L’individu préfèrera en partir pour un autre, qui lui conviendra. Même s’il ne convient pas à d’autres...

Les Normes obligatoires d’habitat Les habitations individuelles et collectives doivent répondre à certains nombre de règles obligatoires :
-  Seuils minimaux d’habitabilité/décence/pour habitat neuf/niveau d’accessibilité (cf. Ministère délégué auprès du premier ministre de l’Habitat et l’Urbanisme)
-  Normes pour l’habitat social (cf. études du ministère)
-  Dimensions

dimensions (JPG)

-  Surfaces

Surfaces (JPG)

Un Label Le Label « Habitat Senior Services » est porté par le réseau Delphis (16 sociétés d’HLM) soutenu par la Fondation Caisse d’Epargne pour la Solidarité et la Commission européenne (projet Equal). Une première expérimentation du label sur la ville de REIMS, début 2005 va évaluer la possibilité d’attribuer des étoile à des patrimoines, programmes immobilier (1, 2, 3 étoiles) auprès des communes, des structures gestionnaires qui s’y engageront. Les trois piliers de la labellisation sont :
-  l’accessibilité des abords et parties communes
-  l’adaptation des logements
-  l’adaptation des services (formation des gardiens, création de services supplémentaires, partenariats avec les services d’aides et de soins à domicile)

Le Label « Habitat Senior services » prône une solution globale : Bâti + Services
-  Le volet bâti : logements, abords, parties communes. A court terme, ce label permet de cibler les adapations du patrimoine au regard du potentiel local. Il recense les offres de logements adaptés disponibles sur un territoire pour en infomer les collectivités locales.
-  Le volet services repose sur : * l’adaptation des services de proximité du bailleur (formation des gardiens...) * partenariats avec les réseaux gérontologique locaux (maillage auprès des personnes âgées) * créations de services, nouveaux postes, extension des qualifications des personnels existants

Les types d’habitat Propriété privée, propriété privée à caractère social (habilitées aux aides publiques de logement), habitat dit social en location, accession à la propriété, maison, immeuble, en ville, en campagne... Chaque habitat tend à répondre aux besoins et attentes premiers :
-  un toit
-  sécurisé
-  confortable
-  adapté aux situations de handicaps >accessible
-  loué, que l’on peut acquérir, que l’on pourra habiter jusque la fin
-  inséré dans le quartier
-  agrémenté d’aides, de services de proximité

L’accès à un logement décent, nécessitera parfois le recours à des aides financières (aides au logement, APL...)

Faciliter l’habitat, accompagner l’individu, les individus (famille, aidant) Il s’agit de faire appel à des professionnels, pouvant cerner les attentes et les besoins de la personne en aides techniques et aménagement de l’environnement (travaux et acquisition d’équipements). Les CLICs (Comité locaux, d’information et de coordination), les Associations PACT-ARIM, les délégations locales de l’ANAH (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat), sont les organismes à contacter pour évaluer et améliorer l’habitat.

L’ergothérapeuthe est l’intervenant qualifié. Visites, évaluations, discussions avec la personne, vont lui permettre de proposer ou non des travaux, achats, gestes techniques... selon les besoins et les attentes de la personne concernée. Exemple présenté par Rebecca Duval, ergothérapeute à l’AMSAV de Paris : « pourquoi installer une douche à une personne de 90 ans qui a pris l’habitude de se laver au lavabo, et qui est satisfaite ? » A une même question, différentes réponses peuvent être apportées selon le souhait de la personne. L’ergothérapeute connaît parfaitement les aides techniques (pour se lever, se déplacer, se vêtir, manger...,les matériels médicaux)les possibilités d’aménagement de l’environnement (salle de bain, cuisine, voire l’architecture, les accès...) qui vont lui permettre de faire des préconisations adaptées aux besoins et à la volonté de la personne concernée.

La domotique (commandes à distances des volets, appareils ménagés...) , la robotique (fauteuils, systèmes de pinces...) , les nouvelles technologies vont de plus entrer au domicile, comme l’explique Jean Giard auteur du rapport « Les nouvelles technologies et le maintien à domicile des personnes âgées ». Il signale les besoins émergents. Les premières pistes de solution sont :
-  la prévention et le traitement des chutes notamment avec un bracelet actimétrique, des accessoires vestimentaires, des systèmes de vigilances (capteurs, caméras...) ;
-  l’organisation du retour à domicile par l’installation de systèmes d’appels d’urgence reliés directement avec les proches ;
-  le développement de la télé-médecine par visioconférence ;
-  le maintien du lien relationel par l’équipement des foyers en ordinateurs et connexions Internet ;
-  le soutien des aidants en les rassurant avec des matériels comme les bracelets de détection d’errance hors du domicile, la télé-assistance...
-  les actions transversales telles que la formation à la prévention en gériatrie des professionnels intervenants auprès des personnes âgées dépendantes.


Mise en ligne : octobre 2005
Dernière modification : avril 2006